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La situation de la Péninsule Coréenne n’influe pas (pour l’instant) sur les marchés

Entre surenchère verbale, ambiguïté russo-chinoise et sentiment de paranoïa globalisée, le monde du luxe a les yeux braqués sur une situation diplomatique critique qui concerne une zone géographique stratégique dans les relations commerciales du Sud-Est asiatique. Si, la Corée, point d’entrée pour les marques de luxe sur le marché asiatique se prépare à connaitre de nettes perturbations de son économie, aucun vent de panique sur les marchés financiers n’est à signaler.

Le maintien d’un front commun entre Américains et Chinois, élément sine qua none de confiance pour les marchés

Le différend entre Etats-Unis et Corée du Nord a gravi un échelon supplémentaire suite au survol (trop) proche de l’espace aérien Nord-Coréen par des chasseurs américains. Sentant ses intérêts menacés, la Corée du Nord a répliqué par une de ses tirades assassines. Un pic en chassant l’autre, sans ménager la susceptibilité de l’un comme de l’autre, le président Trump a fini par déraper en déclarant vouloir « détruire totalement » la Corée du Nord. Ce qui équivaut pour Pyongyang à une déclaration de guerre.

Pourtant malgré le climat délétère, les marchés, loin de s’en accommoder, pressentent avant tout la démonstration faite par le leader nord-coréen Kim Jong Un d’une véritable force de dissuasion nucléaire et non d’un conflit nucléaire imminent.

La Chine n’a pas intérêt à ce que la Corée du Nord éclate, pas plus que dans le déclenchement d’un conflit militaire. Un tel scénario la priverait en effet d’un sas de décompression face aux positions américaines qui deviendraient immédiatement, bon gré mal gré, ses proches voisins.


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La Corée du Nord avec laquelle elle partage sa frontière avec le pont de Dandong, reste un partenaire commercial privilégié avec lequel la Chine entend poursuivre ses transactions bancaires ainsi que ses activités d’exportation en matières premières (et particulièrement en charbon). La Chine est ainsi le principal acteur à entretenir l’économie parallèle qui abonde dans l’Etat ermite.

Les marchés sud-coréens ne semblent pas affectés par l’ambition nucléaire du voisin nord-coréen. Les récentes fluctuations du Won, la devise sud-coréenne, ne laissent rien percevoir d’inquiétant. Les taux constatés sont sans commune mesure avec la crise financière qui avait durement frappé les états asiatiques durant les années 1990.

L’indice de la peur, VIX, mesurant la volatilité du marché financier américain, présente un taux historiquement bas (autour de 10 actuellement, contre 60 au moment de la crise des subprimes).

Les japonais, rompus aux exercices antisismiques, ne semblent pas terrorisés par la menace coréenne. La crainte proviendrait avant tout du caractère imprévisible de Donald Trump, l’homme au tweet sensible.

Le Japon s’est « résigné » d’une certaine manière aux tirs d’essais nord-coréens.  Ceux-ci survolent le sol japonais depuis 1998. L’évènement survenu en ce mois de septembre  et qui s’est abimé en mer était en fait le sixième missile qui ait pénétré l’espace aérien japonais.

Le chantage nucléaire auquel procède Pyongyang est l’ultime solution pour le grand maréchal Kim Jong Un de sanctuariser le régime et faire perdurer la 3ème génération d’une dynastie.

Une situation diplomatique qui menace Séoul

Séoul, épicentre du luxe en Corée, se retrouve, bien malgré elle, au centre d’un échiquier politique instable.

En juin 2016, Dior avait choisi l’énergie communicative de cette capitale pour ouvrir ce qui est considéré comme étant le plus grand flagship d’Asie.

La Corée du sud, à l’avant-garde des innovations, autant en termes de mode que technologique, exerce une forte influence en Asie. L’Etat est d’ailleurs souvent comparé à un laboratoire de tendances pour le continent asiatique.

En effet, situé à 60km du 38e parallèle Nord qui marque la frontière Nord-coréenne, la capitale de la Corée du Sud est la plus exposée tant par un risque d’attaque de missile que par des retombées néfastes sur son économie, à commencer par le tourisme.

Le pays partage sa frontière avec un Etat concentrationnaire qui fait figure de dernier système communiste héréditaire au monde.

Depuis mars, les chinois, qui constituent le principal flux touristique de la Corée du Sud et qui réalisent 70% des ventes en travel retaildésertent le pays. En avril, KTO, l’organisation mondiale du commerce faisait état d’une chute en un an de 27,2% pour tomber à 1,07 millions de visiteurs chinois.

En cause, un désaccord majeur de Pékin face au déploiement, par la Corée du sud, d’une artillerie défensive américaine qui a débouché sur un boycott des voyages en Corée du sud.

La clientèle japonaise se fait, elle aussi, rare, enregistrant une chute de fréquentation de l’ordre de 5,4% en avril.

On ne saurait se prémunir d’une erreur technique qui ferait qu’un missile raterait sa cible et s’écraserait sur le sol japonais ou d’une réaction excessive.

Il y aurait bien le risque d’un impact exponentiel sur les relations commerciales de la Corée qui, par contagion, entrainerait le Japon. Face à l’ambition nucléaire du territoire nord-coréen, la Chine a revu ses dernières années son budget militaire à la hausse tandis que le Japon nourrit un vœu d’impérialisme toujours plus fort souhaitant se doter d’une force à la fois défensive et offensive dès qu’il en aura l’occasion.

 

Photo en une : “Cityscape at night in Seoul, South Korea.” de tawatchai1990.

Victor

Electriseur de mots jamais à court d’idées lumineuses, Victor est un trentenaire adepte des chemises à motifs depuis très très longtemps. De formation Luxe et après plusieurs expériences en retail, il s'est très tôt intéressé aux arts visuels. En prime, il est mordu de cultures asiatiques.





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