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Gucci dit stop au turn over des collections.

Gucci logo

Alors que la crise sanitaire bouleverse l’intégralité de l’écosystème de la mode et, en particulier, les plannings événementiels, la maison florentine entend bien fixer ses propres règles du jeu.

Les pensées d’Alessandro Michele

©Gucci

« Notes from the silence ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que le confinement d’Alessandro Michele aura été matière à réflexions. Dans un long post publié sur Instagram dimanche dernier, le directeur artistique de Gucci se livre à travers une succession de notes présentées comme un journal de bord daté du 29 mars au 16 mai.

Dans ces écrits, la créateur s’interroge sur le « sens de ses actes » et la capacité à savoir se remettre en question, à faire preuve de résilience. « À ma petite échelle, je ressens un besoin urgent de changer ma façon de travailler, souligne t-il. De par mon métier, j’ai toujours eu une inclinaison au changement, une agitation naturelle et joyeuse à la créativité. Mais cette crise a en quelque sorte amplifié cette urgence de transformation qui ne peut plus être différée. »

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*DIARIO*

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« La tyrannie de la vitesse »

Dans cette recherche d’authenticité, Alessandro Michele renoue sans complexes avec une certaine apologie de la lenteur, en opposition totale avec les diktats d’un secteur toujours plus avide de nouveautés. « Notre façon de faire était trop furieuse, notre conduite était trop insidieuse (…), je ressens le besoin d’un temps nouveau, libéré de ces deadlines imposées qui risquent d’humilier la créativité » partage celui qui ambitionne d’intégrer dans son processus créatif « un temps calme, dans l’attente, inscrit dans ce cadeau qu’est l’inactivité, la lenteur. »

« J’ai décidé de tracer un nouveau chemin, loin des deadlines mises en place par l’industrie et, avant tout, loin de cette hyper-productivité qui, aujourd’hui, n’a pas de raison d’être. C’est un acte fondateur, audacieux mais nécessaire, qui vise à construire un nouvel univers créatif. »

Alessandro Michele

Deux collections par an.

Très concrètement, le créateur annonce vouloir en finir avec la notion de saisonnalité et s’inscrire dans une cadence plus proche de ses convictions et de son mode de création. « Nous nous rencontrerons seulement deux fois par an, pour partager les chapitres d’une nouvelle histoire  » annonce t il, tout en indiquant laisser derrière lui les « leitmotivs qui ont colonisé le monde d’avant : Croisière, Pré-fall, Printemps-Eté, Automne-Hiver. »

Un nouveau rythme, certes, mais aussi une nouvelle approche de la narration, une notion centrale dans le discours du créateur bien décidé à « remplir de nouveaux espaces, codes linguistiques et plateformes de communication. » Alors que la griffe enregistrait une baisse de 23,2% de ses revenus sur le premier trimestre 2020, l’emploi du « nous » dans ce long discours aux allures de tribune semble donc s’inscrire dans une nouvelle ère, celle d’un brand content plus soutenu, plus inclusif et de facto dissocié du rythme des lancements et des campagnes.

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