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IBM, la technologie au service de la slow fashion.

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Les technologies ne cessent de se développer afin d’accompagner les marques dans leurs engagements slow fashion. Face aux nouvelles attentes à l’égard d’une mode plus éthique et éco-responsable, Laetitia Pfeiffer, Executive Partner Digital & Innovation pour IBM France, nous explique comment la tech peut aider les acteurs du secteur à se transformer.

Journal du Luxe (JDL) : Que représente la slow fashion chez IBM ?

Laetitia Pfeiffer (L.P) : Beaucoup de nos clients appartiennent aux secteurs du luxe et du textile. Nous sommes donc amenés à analyser leurs problématiques de marque mais aussi celles de leurs consommateurs. Parmi les attentes de ces derniers, la slow fashion est une tendance de marché en totale opposition à celle de la fast fashion. Mais alors comment passer d’un textile un peu “fast”, avec de nombreuses collections lancées plusieurs fois par an et un laps de temps très court entre le défilé et la mise à disposition en boutiques, à une mode plus durable ? Chez IBM, nous nous inscrivons dans cette réflexion, sachant qu’au-delà de la demande du consommateur, les réglementations de 2019, telles que la loi PACTE, encouragent vivement la transformation des entreprises. La loi anti-gaspillage de Brune Poirson va également obliger la fashionsphère à se réorienter vers une industrie plus propre au niveau énergétique, social et environnemental. Enfin, en tant que société responsable, IBM met un point d’honneur à accompagner ses clients dans cette transition vers un mode de fonctionnement plus propre.



On entend réellement parler de la slow fashion depuis environ un an, notamment grâce à François-Henri Pinault et au Fashion Pact, charte signée au G7 de Biarritz par laquelle près de 150 marques se sont engagées à améliorer concrètement leur impact environnemental

Si certaines marques comme Patagonia avaient déjà pris de l’avance sur ces sujets, de nombreux acteurs de la mode ont depuis suivi cette initiative. Lorsque les marques se mettent à réfléchir à leur stratégie durable, elles avancent soit de manière parcellaire, en commençant par des périmètres restreints qu’elles élargissent petit à petit, soit de façon plus fondamentale en revisitant entièrement leur modèle de production, ce qui nous incite alors à travailler de manière holistique.

JDL : Quels process IBM met en place pour accompagner ces marques ?

L. P : Il faut d’abord que celles-ci réinventent la façon dont elles conçoivent et vendent leurs produits. Notre rôle est de les accompagner sur les pendants serviciels ou technologiques et, ainsi, de les aider à réfléchir à leurs stratégies de conception, de production et de vente. Concernant la conception, il s’agit avant tout d’eco-design, de la façon dont les marques peuvent, par exemple, faire appel à l’intelligence artificielle pour détecter des tendances et adopter une démarche prospective. Nous travaillons avec nos clients sur les diagnostics et la réponse à des problématiques telles que les sur-déchets issus des patrons de modèles, les adaptations nécessaires à la personnalisation, à la réactivité…. Production, logistique, vente physique ou e-commerce font typiquement partie des champs d’action au sein desquels nos solutions peuvent s’intégrer.

DL : Est-il possible aujourd’hui, pour une maison de luxe, d’adopter ce principe “slow” sur l’ensemble de sa chaîne de valeurs ?

L. P : C’est possible. On voit de nombreuses maisons débuter par une gamme de produits, puis augmenter au fur et à mesure le nombre de piliers de durabilité jusqu’à en faire une stratégie globale, un écosystème complet. Les maisons se rendent également compte que cette vision peut leur permettre d’obtenir des revenus additionnels, ou de nouvelles lignes de revenus.

Un sujet particulièrement complexe pour les acteurs du Luxe est la réutilisation et la seconde vie des produits. Les marques qui se lancent sur le marché de la seconde main, celui de la réutilisation de textiles par exemple, doivent répondre à de nombreuses interrogations sur la constitution d’une chaîne vertueuse. Comment récupérer des fibres qui ont pu contenir des produits chimiques, les nettoyer, les recycler et re-créer in fine de nouveaux produits conformes aux standards haut-de-gamme ? L’intelligence artificielle, ici, a véritablement un rôle à jouer.

JDL : Est-ce qu’aujourd’hui, l’usage de la blockchain est devenu indispensable pour les marques ?  

L.P : Accompagner les entreprises dans leurs besoins de traçabilité, depuis l’origine des produits jusqu’à leur recyclage et leur seconde vie est devenu un enjeu majeur. La blockchain est un réel facilitateur qui est en train de monter en puissance sur le marché. En tout cas, c’est un modèle technologique vertueux dans la mesure où il est capable d’offrir une visibilité complète et sécurisée sur le cycle de vie du produit, jusqu’au consommateur final, favorisant de ce fait une démarche durable. Cette transparence répond à une demande des consommateurs qui est en forte croissance. Le COVID-19 et la digitalisation accrue des usages va accélérer d’autant plus ce mouvement.

Article réalisé dans le cadre du Salon du Luxe Paris.

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