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Le débat sur la ligne pudique a-t-il lieu d’être ?

burqa dolce gabbana

D’autres l’appellent la “mode islamique”, les marques de mode ont en tout cas décidé de la nommer la “ligne pudique”. Ces dernières intègrent désormais voiles, burkinis ou encore hijabs dans leurs collections destinées à une clientèle occidentale.

Un débat lancé par Jean-Jacques Bourdin et Laurence Rossignol

Au lendemain des attentats de Bruxelles qui ont bouleversé le monde entier, les confusions entre la religion de l’Islam et les actes terroristes sont une nouvelle fois entretenues par une polémique.

“La promotion de l’enfermement du corps des femmes”

burkini

Cette fois-ci c’est l’univers de la mode qui se trouve montré du doigt notamment par Laurence Rossignol. La ministre des Droits des femmes a dénoncé cette pratique qui favoriserait “la promotion de l’enfermement du corps des femmes”.

Des propos survenus après que Jean-Jacques Bourdin a sollicité la ministre en lui montrant une série de photos de mannequins vêtues d’un hijab (foulard encadrant le visage sans le dissimuler) ou d’un “burkini” (maillot de bain destiné aux femmes de confession musulmane).


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“Sous la pression des marques”

Laurence Rossignol n’en est pas restée à cette déclaration en affirmant que les femmes pourraient porter le voile “sous la pression des marques” tout en les comparant à “des nègres américains qui étaient pour l’esclavage”. Un bon moyen de relancer le débat sur “le port du voile en France” et de diviser une fois de plus les opinions.

La ligne pudique, un marché en plein essor

Pour entretenir un business fructueux, les bureaux de style ou chasseurs de tendances ont pour habitude de repérer les signaux faibles de désirs des consommateurs.

hijab mode

Il se trouve que le port du voile émet un signal de moins en moins faible. Les marques développent ainsi de plus en plus de produits propres aux “lignes pudiques” tels que le burkini de Marks et Spencer ou les hijabs et abayas de Dolce et Gabbana.

Un engagement politique des marques de mode ?

Les “lignes pudiques” se présentent donc comme un nouveau marché avec un fort enjeu économique. Mais feraient-elles également l’objet d’un message politique diffusé par les marques de mode ?

C’est un fait, depuis toujours, dans le luxe et la mode réside une part de mystère et de provocation. Que ce soit par des collections de vêtements ou des noms de produits parfois provocants (“Opium” de Yves Saint Laurent, “Égoïste” de Chanel) les marques de luxe et de mode sont les seules à pouvoir user de cette provocation pour communiquer.

Brusquer, choquer, c’est justement une des armes que le Journal du luxe avait distingué face aux terroristes. Que les “lignes pudiques” aient été créées pour brusquer ou non, elles choquent en tout cas la ministre du Droit des femmes.

“Choquant” et “Irresponsable”

En constatant de l’attrait des marques pour ce nouveau marché, la ministre des Droits de femmes s’est dite “choquée par le fait que les marques investissent ce marché de la “tenue islamique”.

“L’enjeu c’est celui du contrôle social sur les corps des femmes”

laurence rossignol islam

“Les marques ont déclaré que ces vêtements ne font la promotion d’aucun mode de vie. Comme s’il y avait une dissociation entre les vêtements et les modes de vie” s’étonne la ministre.

Laurence Rossignol remet ensuite en cause la “responsabilité sociale” des marques de mode, qui dans les années 1960, ont démocratisé le port de la jupe dans la lignée “du droit de vote, du droit des femmes d’aller à l’université, de l’accès à la contraception” a-t-elle indiqué sur RMC.

“Mon rôle, c’est d’aider les femmes qui veulent résister à l’emprise des salafistes dans certains quartiers” a-t-elle ajouté. Reste à déterminer s’il existe un rapport réel entre l’univers de la mode et ce type de problématique.

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Romain





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